Des Hommes Sans Loi - Quand Le Western Revit [ Critique ]

20182376   - Film réalisé par : John Hillcoat;


   - Casting : - Shia LaBeouf ( Jack Bondurant );

                   - Tom Hardy ( Forrest Bondurant );

                   - Gary Oldman ( Floyd Banner );

                   - Guy Pearce ( Charlie Rakes );

                   - Jessica Chastain ( Maggie );

                   - Mia Wasikowska ( Bertha ) ...;


   - Sorti le : 12 Septembre 2012;

   - Genre : Western, Drame, Action;

   - Nationalité : Américain;

   - Durée : 1h55;

 ( Film interdit aux moins de 12 ans )


 

   - Synopsis : 1931. Au cœur de l’Amérique en pleine Prohibition, dans le comté de Franklin en Virginie, état célèbre pour sa production d’alcool de contrebande, les trois frères Bondurant sont des trafiquants notoires : Jack, le plus jeune, ambitieux et impulsif, veut transformer la petite affaire familiale en trafic d’envergure. Il rêve de beaux costumes, d’armes, et espère impressionner la sublime Bertha… Howard, le cadet, est le bagarreur de la famille. Loyal, son bon sens se dissout régulièrement dans l’alcool qu’il ne sait pas refuser… Forrest, l’aîné, fait figure de chef et reste déterminé à protéger sa famille des nouvelles règles qu’impose un nouveau monde économique. Lorsque Maggie débarque fuyant Chicago, il la prend aussi sous sa protection. Seuls contre une police corrompue, une justice arbitraire et des gangsters rivaux, les trois frères écrivent leur légende : une lutte pour rester sur leur propre chemin, au cours de la première grande ruée vers l’or du crime.

 

 

 


 

 

- Critique :

 

 

Adapté du roman historique de Matt Bondurant, « Lawless » ou « Des Hommes Sans Loi » selon nos brillants traducteurs, était un film ayant plus ou moins divisé les critiques Cannoises cette année. Film vide ou œuvre soignée ?

 

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On pourrait définir « Des Hommes Sans Loi » comme étant à la fois un film d’un didactisme passionnant ainsi que la renaissance d’un genre cinématographique mort à savoir le western. Une idée ayant vainement été mise en œuvre par les désastreux « L’assassinat de Jesse James Par Le Lâche Robert Ford » ainsi que « True Grit » des frères Cohen. Ce film pose son intrigue dans un environnement très factuel puisqu’il s’agit de l’Amérique en pleine prohibition et narre la véritable histoire des frères Bondurant, des trafiquants d’alcool traqués par une police corrompue. La première qualité du long-métrage réside dans son casting alléchant. Ce dernier est composé de Shia LaBeouf en tête de liste et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa prestation aurait sans doute mérité un prix d’interprétation tellement elle est époustouflante de puissance et de maturité. Il parvient à faire oublier son image peu valorisante de jeune crétin des films de Michael Bay bourrés à la testostérone. L’incroyable Tom Hardy, acteur ayant fait des ravages dans le dernier «Batman », est également présent. Grâce à sa masse imposante, il donne à son personnage une brutalité estomaquant mêlée à une humanité mirobolante. Il est curieux de voir que chaque personnage est complémentaire à l’autre dans cette fratrie et c’est ce qui la rend aussi attachante. Cependant, la grande « révélation » du film est Guy Pearce qui signe assurément le meilleur rôle de sa belle carrière. Un personnage ô combien détestable sur le plan moral, mais interprété de façon magistrale. Un jeu soigné aussi bien dans les mimiques que dans la prestance. Un personnage à la cruauté tellement démentielle mais qui bénéficie également d’un humour caustique bien pensé.  Par conséquent, le spectateur est à la fois tétanisé lors de ses apparitions mais rit volontiers à son sadisme invétéré. Le seul bémol reste les personnages féminins qui se révèlent au final peu mises en valeur voire inutile. La radieuse Jessica Chastain ainsi que la douce - mais assez fade - Mia Wasikowska font seulement office de porte manteau. On notera également le géant Gary Oldman dont la présence à l’écran est toujours un plaisir incommensurable pour le spectateur cinéphile. Somme toute un casting brillant au profit de personnages intensément poignants.

Une reconstitution parfaite de cette Amérique datée donnant à ce film un esthétisme flamboyant. C’est donc dans ce décor mirifique que l’on suit les péripéties de nos héros impitoyables. Un scénario, certes plutôt classique dans sa forme comme dans son fond, mais la façon dont le réalisateur traite son sujet est d’une virtuosité tellement exemplaire qu’elle ne vient pas ternir la bonne image du film. Le long-métrage est ponctué d’une violence bestiale faite de figures en sang ou de parties génitales dans des bocaux. Effectivement, cette virulence secoue quelque peu, mais elle sert au film et on l’apprécie surtout pour cette qualité rare qui est de ne pas rendre cette barbarie gratuite. Heureusement, cette frénésie ne laisse pas de côté la densité psychologique de ses personnages. Au contraire, le film prend le temps de mettre en avant consciencieusement leurs émotions, nous livrant donc des séquences saisissantes et bouleversantes. Une bonne nouvelle pour un Western en 2012 qui ne respire pas la virilité machiste comme nous l’avons souvent vu dans ce genre cinématographique. On y retiendra surtout la bande originale signée Nick Cave, un véritable bijou auditif ! Une tension scénaristique qui monte crescendo et qui atteint la perfection - ou presque - au niveau de sa mise en scène grâce à une séquence d’affrontement finale qui joue avec nos émotions les plus viscérales. Le tout sans jamais sombrer dans le manichéisme le plus forcé.

 

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Cadencé avec brio et brillant dans sa démarche, « Des Hommes Sans Loi » s’annonce comme un des films majeurs de l’année ! Des acteurs parfaits, un rythme efficient et une psychologie profonde ! A voir absolument ! Le Western revivifié par John Hillcoat ! Passionnant !

 

8,5/10

 

Morgan.

 

 

 

 

 

 

Posté par SerialCinephile à 23:32 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Des Hommes Sans Loi - Quand Le Western Revit [ Critique ]

  • Western is not dead

    "(...) la renaissance d’un genre cinématographique mort à savoir le western. Une idée ayant vainement été mise en œuvre par les désastreux « L’assassinat de Jesse James Par Le Lâche Robert Ford » ainsi que « True Grit » des frères Cohen."
    Et c'est là que tu te trompes, car il n'est nul besoin de se nommer Joel Coen ou Quentin Tarantino pour pouvoir qualifier son film de western. Bien d'autres films estampillés western, qui n'auront malheureusement pas bénéficié du buzz qu'ont instantanément ces deux réalisateurs avant même la sortie de leurs films, sont sortis au 21e siècle. C'est juste que la plupart du temps, on n'en entend pas toujours parler parce que les grands noms que sont Tarantino et autres prennent toute la place. Le plus récent est certainement le très bon La Dernière piste, de Kelly Reichardt, qui est un western très atypique d'ailleurs.

    Posté par Alex Torrance, 14 septembre 2012 à 23:57 | | Répondre
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