20282580   - Film réalisé par : Juan Antonio Bayona;


   - Casting : - Naomi Watts ( Maria );

                   - Ewan McGregor ( Henry );

                   - Tom Holland ( Lucas );

                   - Soenke Mohring ( Karl );

                   - Marta Etura ( Simone );

                   - Geraldine Chaplin ( Vieille Femme ) ...;


   - Sorti le : 21 Novembre 2012;

   - Genre : Drame;

   - Nationalité : Américain, Espagnol;

   - Durée : 1h47;

 ( Film avec avertissement )

 

 

   - Synopsis : L’histoire d’une famille prise dans une des plus terribles catastrophes naturelles récentes. The Impossible raconte comment un couple et leurs enfants en vacances en Thaïlande sont séparés par le tsunami du 26 décembre 2004. Au milieu de centaines de milliers d’autres personnes, ils vont tenter de survivre et de se retrouver. D’après une histoire vraie.

 

 


 

 

- Critique :

 

 

Juan Antonio Bayona, réalisateur de l’excellent « L’orphelinat » en 2008 revient derrière la caméra avec « The Impossible », un film tiré d’un fait réel à savoir celui d’une famille qui, suite à la catastrophe du Tsunami en 2004, va se retrouver séparé et chacun d’entre eux tenteront de survivre afin de se retrouver.

 

20257902

 

Le cinéma catastrophe ces dernières années se limitait à des films douteux comme « 2012 » et autres réalisations vulgaires de Roland Emmerich entre autres, mais ce film semblait partir d’une bonne intention qui était de livrer un programme catastrophe tout ce qu’il y a de plus spectaculaire ainsi qu’une émotion sincère. Malheureusement, la grosse machine Américaine roublarde se fait trop ressentir pour que le spectateur soit en total adéquation émotionnelle. Il ira même jusqu’à qualifier ce long-métrage de risible voire d’exécrable. Ce n’est pas faute d’avoir au casting quelques gages de qualité à souligner comme la ravissante Naomi Watts, actrice qui nous avait éblouis dans le chef d’œuvre « Mullholland Drive » et dont la prestation ici est somme toute limitée ( comme dans la plupart de ses derniers films). Ewan McGregor quant à lui fait peine à voir en père marié déterminé et on regrette lui aussi l’acteur charismatique qu’il était il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine. Le cinéma étant parfois maladroit pour filmer des enfants, le jeune Tom Holland n’échappe pas à ce défaut et se révèle être une véritable tête à claques ambulante. Non pas qu’il soit mauvais bien au contraire, mais son personnage atteint un niveau d’agacement comme on en voit très peu en une année. Toute cette petite famille - qui semble exister réellement selon le film - est donc ennuyeuse à souhait. La faute au réalisateur sans doute à cause d’un manque de travail quant à la profondeur des personnages qui ici sont caricaturaux au possible.

 

Ce qui effare le plus dans « The Impossible », c’est sa facilité narrative et technique voire sa prévisibilité. L’étiquette « histoire vraie » est affichée pendant 20 secondes au début du film qui prévient le spectateur qu’il sera pris en otage émotionnellement parlant et que toutes formes de non-affection sera très mal perçue. Le long-métrage débute de façon très douteuse en jonglant entre la photographie jaune poussin - pour symboliser bêtement la béatitude promise du soleil semble-t-il - ainsi que des plans démonstratifs sur la mer afin d’indiquer au spectateur que la menace est proche et qu’elle provient de là. Une curieuse façon de prendre le public pour des crétins. Cette chronique familiale étant inintéressante, il ne nous reste plus qu’à attendre la scène tant attendue à savoir : le tsunami. A la surprise générale, cette démonstration de force n’a absolument rien d’impressionnante et nous fait regretter les films patriotiques de Roland Emmerich qui semblent mieux maitrisés visuellement. A aucun moment, le spectateur ne ressent une tension dramatique et préfère se laisser couler volontairement plutôt que de lutter contre cette vague meurtrière. Cette petite demi-heure catastrophe est très pauvre et use d’effets scénaristiques lourds comme le plomb ( notamment une canette de soda symbolique éminemment grotesque ). Malgré un film raté, Clint Eastwood avait sans conteste mieux orchestré sa séquence du tsunami dans « Au-Delà » qui avait quelque chose de viscéral qui la rendait magnifique. Ici, les tambours résonnent et la camera est épileptique, quoi de plus simple ?

 

Si cette première partie est très pénible, elle n’est qu’une phase préparatoire à la deuxième qui est un épouvantable tire-larmes. En effet, il s’agit de deux points de vue différents, celui de la mère agonisante accompagnée de l’ainé de la famille à l’hôpital et de l’autre côté, le père et deux de ses enfants. Le principe est de savoir comment ces personnages vont se retrouver. Une quête qui se devait être palpitante et bouleversante mais elle n’en est absolument rien. Sans subtilité aucune, le film semble bien connaitre le terme lacrymal. En effet, le réalisateur cherche à préparer psychologiquement le spectateur aux fameuses retrouvailles dont le niveau de stéréotype atteint ici des proportions conséquemment dramatiques ! Pour cela, les violons sont présents et  les plans frontaux sur les larmes des personnages également. Une guimauve finale tellement sucrée que nous sortons du film avec un excès de diabète ainsi qu'avec une crise de foie. Il faut reconnaitre malgré tout qu'on éprouve un petit pincement au coeur lorsque l'on voit un enfant pleurer de bonheur mais il s'agit plutôt d'un réflexe conduit par une manipulation experte des émotions que d'un sentiment sincère.

 

20257903

 

Si les mélodrames étaient punis par la loi, « The Impossible » serait un délit culturel scandaleux ! Un film interminable faisant preuve d’une émotion falsifiée et très pesante, réalisé sans grand talent et joué sans convictions. Courez très vite avant que la vague vous tue !

 

2/10

 

Morgan.